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 John McEnroe

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Corduroy

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MessageSujet: John McEnroe   Mar 17 Juin - 10:01







devil2
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brando ou steve

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MessageSujet: Re: John McEnroe   Lun 23 Juin - 13:35

belles bouclettes, beau bandeau...
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Krikry

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MessageSujet: Re: John McEnroe   Mar 24 Juin - 7:32

Big mac bounce
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gaetane
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MessageSujet: Re: John McEnroe   Mar 24 Juin - 9:45

Krikry a écrit:
Big mac bounce

Pas pour moi, je suis végétarienne...

Désolée, je sors...

_________________
"Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu."
Bertolt Brecht
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Vydev
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MessageSujet: Re: John McEnroe   Dim 19 Juil - 22:47

Un match de ligue américaine (WTT) entre les Washington Kastles et les New-York Sportimes (où est McEnroe) a mal tourné.

Paes a un peu allumé Kendrick au filet et ce dernier lui a répondu par un service dans la tronche troll

Je vous laisse voir ça :dents:

http://www.comcastsportsnet.tv/common/global_flash/player/spe.swf?flv=vidcast_11025&sid=102&d=www.comcastsportsnet.tv

L'équipe de New-York a été suspendue et a pris une amende :dents:

http://sports.yahoo.com/ten/blog/ten_experts/post/You-can-t-be-serious-McEnroe-involved-in-mid-ma;_ylt=AvNp3CEy8vMp1OqrnBK2hPo4v7YF?urn=ten,177232
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KID 91

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MessageSujet: Re: John McEnroe   Dim 19 Juil - 23:20

Paes a pas eu l'air de s'excuser d'où la réaction de Kendrick baguette
Mais bon ça reste gentillet par rapport à ce que pourrait donner une exibition Gonzalez-Koellerer vs Stepanek-Hernandez hehe
T'aurais Stepanek qui ferait le ver et des sauts de cabri à chaque point marqué, le bombardier qui en représaille l'allumerait dès que possible, Koellerer qui insulterait tout le monde, Gonzo compris, et Hernandez qui se foutrait de sa tronche à chaque point raté bounce
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Vydev
Grand gourou à poil roux
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MessageSujet: Re: John McEnroe   Lun 20 Juil - 0:12

En fait, il semble que c'est Kendrick le détonateur. Avant le point où Paes le fusille, il lui avait envoyé une balle dans les pieds alors que le point était terminé et que Paes regagnait le fond du court. Enfin bon, c'est une belle brochette d'imbéciles de toute façon :dents:
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Baghdalbandian

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MessageSujet: Re: John McEnroe   Lun 20 Juil - 8:38

Des ambiances de Hockey sur glace ces compètes on dirait baguette
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MessageSujet: Re: John McEnroe   Dim 3 Jan - 12:03

1984... (A main man I should turn to be)

1984, année de quasi perfection tennistique pour John McEnroe. Trois défaites en 85 matchs, deux titres du Grand Chelem et une finale, des branlées magistrales administrées à ses deux principaux concurrents Ivan Lendl et Jimmy Connors. La meilleure saison du New-yorkais, mais une année aussi cruelle que belle, dont le bilan glorieux semble bizarrement porter plus de désillusions amères que de sereins accomplissements. A 2 jeux de la paix éternelle.

On a tout dit, sortit toutes les statistiques et tous les témoignages sur l’année 1984 de Mac. Ceux qui ont vu se souviennent.

So long, Björn...

Après une éclosion en 77 et plusieurs années à courir après Borg, McEnroe parvient enfin à abattre la légende nordique en 81 et à entrer ainsi dans l’histoire de son sport. On imagine la lutte encore longue mais le Suédois, fatigué par huit années de combats, décide de laisser tomber. C’est une nouvelle réorganisation de la hiérarchie et l’Américain doit affronter en même temps le choc de l’accès à la première place et celui du retrait de Borg. Après une saison 1982 qui voit le retour en grâce du vétéran Connors, Mac se refait un peu en 83 et gagne Wimbledon. Avec quatre vainqueurs en Grand Chelem et onze alternances entre Connors, Lendl et lui à la place de n°1, cette année est la plus instable de l’histoire du tennis et McEnroe n’a pas su occuper la place de Borg et s’affirmer en patron. C’est à la faveur d’une convaincante victoire aux Masters de New York en janvier où il bat sans perdre une manche Kriek, Wilander et Lendl qu’il est désigné Champion du Monde, mais on a l’impression d’une longue convalescence depuis sa prise de pouvoir.

En moquette de perfection

McEnroe démarre pied au plancher l’année 1984 en remportant deux tournois sur moquette, Philadelphie, contre Ivan Lendl, et Richmond, avant de gagner ses trois matchs de Coupe Davis face à la Roumanie du vieux, 38 ans, Nastase. On sent qu’il se passe quelque chose en mars: il ne perd pas un set à Madrid, avec des victoires probantes sur d’excellents joueurs du Top 20 comme Scanlon, Curren et Smid, et surtout à Bruxelles où il réalise ce qu’il avouera toujours être le meilleur tournoi de sa carrière. Il ne laisse en moyenne qu’1,7 jeu par set, jamais plus de trois, à des adversaires du calibre de Tim Mayotte, Johan Kriek, Thomas Hogstedt, et surtout Ivan Lendl, tous très bons en indoor. Le Tchécoslovaque est laminé 6-1, 6-3 en finale.

Il conclut la saison indoor par une cinquième victoire, à Dallas, trois tours au meilleur des cinq manches, avec une moyenne de 2.5 jeux perdus par manche contre Gerulaitis, Curren, et Connors (1, 2, 3)!

Lorsque prend fin la saison indoor McEnroe a remporté 27 matchs de suite, 6 tournois en comptant les Masters, et n’a concédé à ses adversaires que trois manches. On a l’impression que ça y est, il maîtrise enfin son incroyable potentiel offensif. A 25 ans, il est un peu assagi et semble avoir retrouvé la concentration et la conviction qui l’avaient amené au sommet. Il est affûté physiquement, rapide, et prend à la gorge ses adversaires en pratiquant le cheap & charge à outrance et en couvrant son filet avec une agilité et des réflexes incomparables. Si on a beaucoup parlé d’un physique moyen pour McEnroe, il est cette année là au-dessus de tout le monde, plus vif et plus volontaire. Il semble souvent seul sur le terrain, et la confiance qui s’accumule le laisse donner libre cours à ses inspirations les plus audacieuses. Mac pratique et attaque comme personne n’avait jamais attaqué dans le tennis et on ne peut que se régaler devant l’impression de facilité qu’il donne.

Paris is magic, Paris is tragic!

La préparation au French Open est comme toujours minimale pour un joueur qui n’a jamais fait de Paris un objectif prioritaire et qui n’aime pas la terre battue. Elle est pourtant très probante et le voit administrer sur les surfaces de Forest Hills et surtout Düsseldorf, à la World Team Cup, deux nouvelles peignées à Lendl, qui ne lui prend que 5 jeux de moyenne. Déjà 4-0 pour Mac depuis le début de l’année, il semble avoir désormais complètement pris, sur toutes les surfaces, la mesure du Tchécoslovaque qui lui avait pourtant posé tant de problèmes. Avant Roland Garros, on en est à 10-8 pour McEnroe, 8-1 dans les derniers matchs.

Son niveau de jeu fait de l’Américain le grand favori du French Open, alors qu’il n’y a jamais fait mieux que quart de finaliste. Mais son avance sur ses concurrents, Wilander rate complètement son début de saison, est tellement énorme que l’on pressent que l’année va être exceptionnelle et que le Grand Chelem est à portée de raquette. Sa tactique sur terre est la même que partout ailleurs: attaquer au service, en retour, et dans l’échange.

Il se fraie donc en toute logique aisément, malgré un set laissé au spécialiste José Higueras (n°12), une place en finale en balayant De la Pena, Arias, et Connors en demi. Il est attendu le dernier dimanche par son habituelle et désormais passive victime, Ivan Lendl, au palmarès toujours vierge en GC. Cela semble joué pour tout le monde, d’autant que Noah a introduit l’illusion l’année précédente. Et c’est Wimbledon Porte d’Auteil pendant deux sets et demi, on va voir les couleurs américaines flotter sur RG pour la première fois depuis Tony Trabert en 55. 6-3, 6-2, 3-1, puis balle de 4-2. Mais, alors que l’impression de facilité fait presque oublier la dimension de l’évènement, McEnroe coince. Il commet quelques fautes alors que Lendl ne joue pas vraiment mieux, perd un peu en vitesse, et s’énerve trop rapidement pour que l’on ne puisse y voir le signe d’un fatalisme précoce. C’est une lente agonie et après 4h08 de jeu, le Bouddha du filet sort une ultime volée, un enchaînement qu’il a réalisé des milliers de fois cette saison là, et connaît, sur le match le plus important, sa première défaite de la saison. https://www.youtube.com/watch?v=ik22RUEk9aY

Son accablement, qui avait commencé avant la fin du match, est énorme et il semble tragiquement conscient de ce à côté de quoi il est passé.

Where the grass is green

Mais la fin du printemps n’est pas propice à la réflexion pour les tennismen et dès le lendemain commence la courte saison sur la surface qui l’a révélé au monde et qui s’adapte le mieux à son jeu. McEnroe n’y a aucun concurrent, il lamine (2 et 2) Connors au Queen’s et, après une manche laissée à McNamee en guise d’échauffement, atteint en se promenant littéralement sa cinquième finale de Wimbledon, seul Cash l’amenant en demi à disputer un tie-break. Ce sera son chef d’œuvre, l’apogée probablement de son talent tennistique: en une heure vingt, il déploie son art sur le Center Court avec une facilité et un naturel qui font passer Jimbo, qui ne touche pas la balle, pour un cadet. Mac ne rate pas un coup et semble face au n°3 mondial évoluer dans une autre catégorie: 6-1, 6-1, 6-2, la finale la plus expéditive depuis Vilas en 77 à Roland Garros, et une moyenne de moins de huit jeux perdus par match dans ses six derniers tours! C’est sa troisième victoire ici, et il gagne également le double pour la quatrième fois avec son coéquipier Peter Fleming.

Le quart de finale de Coupe Davis qui se profile est important pour lui: c’est une revanche contre l’Argentine qui l’avait éliminé l’année dernière, lui faisant perdre ses trois matchs, sur terre. Car à l’époque, l’équipe des Etats-Unis, c’est John McEnroe, quadruple vainqueur et qui a toujours fait de cette compétition une priorité au même titre que les GC. Mais cette année, Connors est là pour la première fois et l’ambiance est glaciale entre les deux hommes, et avec le Capitaine Arthur Ashe, qui passe ses matchs sans un regard pour ses joueurs. Pas besoin, les USA s’imposent 5-0 et on ne voit pas qui pourrait empêcher la Dream Team américaine de gagner.

Feel like going home (décoturf de chez John)

Retour at home sur les lieux des premiers succès pour la saison d’été, et deuxième défaite de l’année pour McEnroe qui s’incline à Cincinatti, après une victoire à Toronto, contre l’indien Vijay Amritraj. C’est sans conséquences pour Mac qui ne laisse rien à ses adversaires new-yorkais jusqu’à sa demi finale contre Connors. Son meilleur ennemi, déjà mené 5-0 dans leurs tête à tête cette année, de pousse aux cinq sets lors d’une sublime nignt session qui voit le public et le vieux lion se liguer contre lui (https://www.youtube.com/watch?v=eL69ktfCqu0). La finale du lendemain est comme à Wimbledon une démonstration et symbolise face à Lendl ce qu’aurait dû être celle de Paris: 6-3, 6-4, 6-1, le Tchécoslovaque ne prend jamais le service de Mac, qui remporte son quatrième titre à l’US Open.

McEnroe s’en va ensuite remporter son onzième tournoi de l’année, le sixième en double, à San Francisco et qualifier contre l’Australie de Pat Cash, à domicile une nouvelle fois, son équipe pour la finale de la Coupe Davis.

C’est lors de la relative trêve automnale et à l’occasion d’un retour en Europe, à Stockholm, qu’à lieu un évènement incompréhensible qui plonge tout le monde dans l’expectative quant à l’attitude de John: lors de sa demie difficile contre le local Anders Jarrÿd, il explose sans préavis et pique l’une de ses plus violentes colères. Alors qu’il s’est plutôt bien comporté toute l’année et que tout semble lui réussir, il va plus loin que jamais en insultant l’arbitre, «jerk» (idiot), en détruisant tout sur son passage et en refusant de reprendre le jeu. Il devrait être expulsé, mais le juge arbitre intervient pour calmer le jeu. Mac finit par gagner le tournoi contre Wilander, mais ce véritable pétage de plomb, inexplicable et disproportionné, a choqué: McEnroe, qui réalise une saison de rêve, semble d’un coup bien loin d’avoir atteint un véritable équilibre psychologique. Non appliquée sur le terrain, la sanction est ultérieure, et il est suspendu par l’ATP pour le prochain Grand Chelem australien.

https://www.youtube.com/watch?v=8j0eqZKTjpk&feature=related

Les Suédois dans l’oeil

C’est une nouvelle grosse désillusion en décembre pour John McEnroe et l’équipe américaine: les soudés Suédois leur ont tendu un traquenard sur les courts en terre lente de Göteborg. Wilander lamine Connors (1, 1, 3) et Mac perd en trois manches son troisième match de l’exercice contre le jeune Sundström (13-11, 6-4, 6-3), avant d’échouer en double, pour la première fois en Coupe Davis, dans le match décisif contre Edberg et Jarrÿd, leur cinquième défaite cette année seulement. Connors rentre aux Etats-Unis et McEnroe sauve l’honneur contre Wilander, mais cet échec, sur le terrain comme dans les vestiaires, est une nouvelle désillusion dont il aura du mal à se remettre.

L’année est néanmoins conclue triomphalement en janvier par une large victoire en simple et double aux Masters et trois nouveau matchs, contre Jarrÿd, Wilander (1, 1) et Lendl (5, 0, 4) de très haute volée.

Bilan 1984:

Simple: 2 GC + 1 Masters + 11 tournois. Finaliste à RG et en Coupe Davis.

82 victoires sur 85 matchs, soit un taux de réussite de 96,5%!

Head to head: 6-1 contre Lendl, 6-0 contre Connors, 3-0 contre Wilander.

Double: 1 GC + 1 Masters + 5 tournois. Finaliste à USO et en Coupe Davis.

So long, John

85 semble être du même tonneau: il remporte un tournoi par mois (Philadelphie, Houston, Milan, Chicago), mais son printemps est mauvais avec ses deux premières défaites contre Lendl depuis septembre 83 et un échec à Roland Garros contre Wilander. On sent que McEnroe n’est pas du tout dans la même dynamique que l’an dernier et que sa motivation est émoussée. Sa très sèche défaite en quart de Wimbledon contre Kevin Curren (2, 2, 4, la plus lourde en GC depuis 79) confirme l’impression et ne laisse aucun doute quant à l’état de forme de l’Américain et à sa résignation.

Alors qu’il a fait pour la première fois l’impasse sur la Coupe Davis, dégoutté par la saison 84, il perd nettement son fief new-yorkais et sa place de leader contre Lendl à l’US Open. On sent chez lui une très forte lassitude et sa fin de saison est désastreuse, avec des défaites devant Annacone, Jarryd, Kriek, Zivojinovic à l’Open d’Australie, et pour couronner le tout, Brad Gilbert au premier tour des Masters. En un an, après être monté si haut, il a perdu tous ses titres et sa place de numéro un mondial, semble complètement démotivé et tennistiquement dépassé. Il décide d’une pause de sept mois et ne reviendra plus jamais comme le champion conquérant qu’il était, ne parvenant plus à accrocher jusqu’en 92 que trois place de demi finaliste en majeur.

«J’avais réalisé mes objectifs sur le court et pourtant je n’étais pas heureux, je devais comprendre pourquoi». Tous ses objectifs? Hum... McEnroe avait probablement à cette époque des choses personnelles à régler, son mariage avec Tatum O’Neil, une enfant du show business dont il avait toujours voulu faire partie, était difficile, mais la cassure s’était faite sur le terrain pour John McEnroe.

My man’s gone, now

McEnroe s’était construit dans l’objectif de faire tomber Borg la légende, imbattable à Wimbledon notamment. Une tâche colossale au regard du symbolisme porté par le Kilimandjaro du tennis: incontournable techniquement, il avait développé à force de travail l’un des jeux les plus complets de l’ère Open, il était également un monstre physique, dont la confiance ne pouvait que se renforcer à mesure que duraient les matchs, et bien sûr mental, trimballant avec lui l’insondable mystère de son calme éternel. Et Mac, en parvenant à cet objectif ambitieux à force de duels harassants à Flushing Meadows et Wimbledon, s’était hissé à la force de son immense volonté sur les sommets de l’histoire du tennis.

Au niveau de la personnalité comme du jeu, Borg était son exact contraire, le négatif sur lequel il s’était appuyé pour bâtir son tennis et ses objectifs. Meilleur contreur du monde, le Suédois l’obligeait à une exigence inédite dans le jeu d’attaque. D’une lucidité terrifiante dans les moments cruciaux, il contraignait Mac à ne pas se désunir mentalement, à trouver en lui un compromis productif entre la colère intrinsèque, expression d’une volonté obsessionnelle, et un calme nécessaire à un maintient de la concentration optimale. Une référence, et leurs combats londoniens et new-yorkais sont probablement les plus intenses de ce sport. Jamais contre Borg McEnroe ne se permettait les puériles pétages de plomb qui avaient fait sa réputation.

McEnroe, malgré ses déboires arbitraux avait un immense respect pour le jeu et son histoire, et pour la façon dont le Suédois s’y était imposé, et alors qu’il n’acceptait aucune autorité, il reconnaissait salutairement celle de Borg. Comme il l’a toujours avoué, que celui-ci refuse de continuer le duel a été un choc immense pour l’Américain, qui avait mis quatre ans à parvenir à son but, et qui une fois atteint le voyait quelque peu affadit. Et John ne pouvait considérer Lendl le galérien et Connors, qui en 82 parvint à transformer le Central Court anglais en foire aux donuts de Louisville, comme des adversaires de la même valeur. Sa vision du tennis était celle d’un duel, et il dû la faire évoluer après le retrait de Borg, accepter la solitude.

En même temps qu’il accède à la première place et à la starification, son garde-fou, l’homme qui par sa rigueur devait lui imposer d’être toujours au top, se désiste de son rôle et n’accepte pas le défit. En 82 et 83, Mac doit intégrer cette position de leader solitaire.

Knockin’ on heaven’s door

En 84, il a digéré le départ du Suédois et a donc compris, à 25 ans, qu’il peut, avec un peu d’application, dominer complètement son sport et qu’il est seul à déterminer sa place dans l’histoire. Mais McEnroe est sur le circuit depuis sept ans déjà, quatre à courir après Borg, un à conquérir le pouvoir, et deux à s’en remettre, et il sait qu’il n’aura probablement ni le temps, ni la constance (son principal problème) d’installer une domination de plusieurs années. Le moyen pour lui de marquer l’histoire, de répondre à ses formidables ambitions, est de frapper fort, et il semble mentalement comme physiquement idéalement disposé en ce début d’année. Sa révolte et sa détermination sont canalisées dans un objectif concret.

Alors que l’on parle d’un Grand Chelem dès le début de la saison tant il domine (Connors vieillit, Lendl n’a toujours rien prouvé, Wilander est irrégulier), son parcours à Paris lui fait immédiatement réaliser qu’il est passé à côté du gros coup. A deux jeux et un point de la victoire dans un tournoi qu’il n’avait jamais avant cette année envisagé gagner, mais qui aurait pu le faire directement passer au statut de légende indéboulonnable, le tournoi de Borg, qui plus est. Et ce n’est pas physiquement qu’il craque ce jour là mais bien nerveusement, Lendl, simple soldat, n’y étant pour ainsi dire pour rien. Le poids de l’histoire sur un mental fragile car reposant sur l’immédiat, sur un jeu délicat car basé sur l’inspiration de l’instant. Un regret éternel, un remords, c’est sûr, d’avoir connu la peur de gagner. Ensuite plus rien n’est pareil, comme pour un boxeur qui vient de connaître son premier knock-out. Son échec à Roland Garros est assez dramatique pour influencer désormais toute sa psychologie, et on accablement est ce jour là énorme. Il est pleinement conscient, tragiquement réaliste, qu’il vient de passer tout près d’un exploit historique du tennis qui lui aurait ouvert les portes à tous les possibles.

De fait, il est intouchable sur les deux GC suivants et le reste de la saison nous montre qu’il aurait pu postuler à quelques points près à la conquête de l’ultime Graal en Australie, avec d’énormes chances de victoire. Peut-être doit-on voir dans son inexpliqué pétage de plomb automnal et sa suspension une résurgence de ce regret. Difficile pour un esprit si conflictuel et à forte tension nerveuse d’appréhender la multiplication d’évènements cruciaux et de rendez-vous avec la légende.

Il avait réalisé une année presque parfaite, mais presque seulement, et était conscient que les occasion manquées ne se représenteraient plus, qu’il ne pourrait hausser son niveau de jeu et son niveau physique. Trois défaites, mais deux, sur terre bien sûr, qui pèsent très lourd dans le bilan de Mac. L’Américain, si respectueux du jeu et des grands anciens, si conscient de sa place dans l’histoire, sait qu’il ne retrouvera jamais des conditions aussi favorables, il est probablement passé à quelques points d’une place éternelle aux côtés de l’immense Rod Laver, modèle de touts les ambitieux. Personne, à part peut-être Borg en 78 et 80, n’est depuis l’Australien passé si prêt de l’exploit. Connors en 74 ne dispute même pas Roland Garros, Lendl n’a pas eu sa chance sur gazon contre Becker et Cash en 86 et 87, pas plus que Federer devant Nadal à Roland Garros, Sampras et Wilander n’ont jamais été proches.

Mac a tout donné. Il est passé si près de la consécration ultime que sa défaite à Roland se fait de plus en plus cruelle. L’amertume est profonde, on le voit dés début 85 moins motivé et ses deux défaites dans ses GC favoris ne laissent aucune illusion. Sa pause sonne comme une préretraite, personnellement, je n’ai alors plus jamais revu McEnroe sur un court de tennis. Lui aussi, à 26 ans, baisse pavillon. Les Dieux du tennis lui avaient refusé l’accès au Panthéon, il ne s’en approcherait plus, les blessures engendrées étant trop intenses et les efforts nerveux trop importants.

Ceux qui ont vu se souviennent.

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Curtis

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MessageSujet: Re: John McEnroe   Dim 31 Jan - 2:04

une vidéo très intéressante qui analyse la technique de jeu de McEnroe :

https://www.youtube.com/watch?v=spXDLhcNFPc

ça montre bien la simplicité parfois extrême de la technique chez McEnroe laporte

les autres parties de ce documentaire sont disponibles sur youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=JEjFtCkRuG4&feature=related

https://www.youtube.com/watch?v=rpIc9fMhWH4&feature=related

https://www.youtube.com/watch?v=NB5oZGje_dM&feature=related
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wilandl



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MessageSujet: Re: John McEnroe   Lun 31 Jan - 19:17

Je ne le trouvais pas sympa... mais Mac c'était quand même un autre tennis... Surtout en comparaison avec l'évolution trés physique du jeu depuis 20 ans (biensûr c'est impressionnant mais ...)

Sorry pour ceux qui connaissent, mais je trouve ce qui suit énorme: Shocked

vs Wilander Masters jan 84

https://www.youtube.com/watch?v=w6Ux0dEe81k

vs Wilander Masters jan 85

https://www.youtube.com/watch?v=tTsAudODKuo&feature=related

vs Wilander CD 82

https://www.youtube.com/watch?v=t-60Bods2EU&feature=related

vs Connors Tokyo 84

https://www.youtube.com/watch?v=HVlqfQGs1yc&feature=related

vs Edberg 1988

https://www.youtube.com/watch?v=xEIiEIxz-Kk

vs Chang Masters 89

https://www.youtube.com/watch?v=dR4jMG09Abw
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Solo

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MessageSujet: Re: John McEnroe   Lun 7 Mar - 20:41



sarko1
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wilandl



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MessageSujet: Re: John McEnroe   Ven 22 Avr - 19:51

Une Vidéo de 50' et de trés bonne qualité , intéressante et je pense peu courante, sur le tournoi WCT de Dallas en 83 et 84 (je suis partisan du tennis des années 70 mais là c'est pas mal du tout avec un grand McEnroe et de bons contrastes comme on en fait plus, cela dit je suis le tennis actuel aussi)

1983 & 1984 John McEnroe Ivan Lendl Jimmy Connors Dallas WCT Movie highlights


https://www.youtube.com/watch?v=Pn48OAQjEBM&feature=related

Je poste cela aussi aux sujets sur Lendl et Connors car cela les concerne aussi.

Shalom à tous.
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youkaidi

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MessageSujet: Re: John McEnroe   Ven 22 Juil - 8:59

Sur Ma Chaine Sport, Borg-Mac Enroe à Saint-Tropez mrgreen jap
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wilandl



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MessageSujet: Re: John McEnroe   Ven 22 Juil - 17:06

Vidéo : finale Forest Hill 1984 McEnroe / Lendl

Sur terre battue américaine

Pour les amateurs... avant goût des deux premiers set de la finale de RG 1984

rencontre finale McEnroe / Lendl Forest Hill 1984

https://www.youtube.com/watch?v=zsRlotmRUH0

Mac semble souverain et impérial: en état de grâce siffle , pourtant Lendl me paraît solide (je pense qu'il avait battu Connors en 1/2 f : baffe 60 60 avec un revers slicé -à vérifier- par contre en finale il utilise un revers frappé ce qui en général pour lui était mieux)
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wilandl



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MessageSujet: Re: John McEnroe   Ven 22 Juil - 17:21

et du McEnroe Noah Coupe Davis 1982

Mac à encore une raquette en bois...sympa smile

https://www.youtube.com/watch?v=g676v6oiqX4&feature=related
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wilandl



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MessageSujet: Le plus beau match enntre McEnroe et Borg ?   Ven 22 Juil - 17:38

L'un des plus beau match entre Mac et Borg 1/2 F Masters 1979 Commentaire Hérvé Duthu

https://www.youtube.com/watch?v=7cgGZreEaXw

Wimbledon 80/81 sont trés connus, USO 80/81 aussi, de même que Masters 80 en match de Poule, tous sont beaux (Wim 80 !) et contrastés...

Mais cette rencontre est -peut-être -leur plus belle ... smile
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MessageSujet: Re: John McEnroe   

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